Église Sainte Marie

47 rue de l'Echiquier - 75010 Paris - France
Tél : +33 (0) 1 40 22 93 25

Province Mariavite de France

Site Internet : http://www.mariavite.eu

Mère Marie-Françoise : "Petite Mère" des Mariavites

May 27, 2017

Le 27 mai 2017, une assistance nombreuse lors de la célébration de la messe en notre Eglise Sainte Marie, sis 47 rue de l’Echiquier à Paris 10ème. On fêtait le 155ème anniversaire de la naissance de Feliska Magdelena Kozlowska qui deviendra Mère Marie-Françoise, fondatrice de notre congrégation mariavite .

Ceci est l’occasion de revenir sur quelques éléments de sa vie, et surtout sur quelques aspects de sa riche personnalité.

 

 

Contexte historique

 

 

C’est en Pologne que naquit notre Mère à Wieliczna, à l’est de Varsovie. 

Elle perd rapidement son père Jakub (en 1863) au cours d’une insurrection menée par les polonais contre les occupants russes ;  en effet la Pologne, en cette fin de 19ème, est occupée par la Russie, la Prusse et l’Empire austro-hongrois.

En 1872, sa mère et elle se retirent à Varsovie où la jeune Félicité Magdeleine fait des études brillantes ; elle parlait couramment le français, l’anglais et le russe : cette connaissance des langues lui ont certainement permis d’avoir une culture ouverte et peut-être de connaitre à la source les textes, notamment de spiritualité française de l’époque centrée sur la dévotion au Sacré Cœur, entre autres (influence de Paray, Louis Marie Grignon de Montfort, Pierre Chaignon).

Elle devint un temps institutrice et gardera un gout pédagogique utile pour la congrégation ensuite.

 

Cette occupation russe-orthodoxe fait que l’église catholique fut obligée de limiter ses activités, notamment en ne recevant plus de novices dans les ordres religieux. Félicité veut devenir religieuse mais le recrutement est interdit ; alors la Pologne s’organise en créant des congrégations clandestines où, sous couvert de tâches civiles (soins aux malades, éducation...), des jeunes filles peuvent mener une  vie commune.

Le Père Honorat Kozminski (canonisé par Jean Paul II), fils capucin de St François, fonda à l’époque de nombreuses congrégations de ce type, dont la congrégation des religieuses franciscaines des Souffrants à Varsovie, se dévouant aux malades, dans laquelle entra en 1883 Félicité qui prendra le nom de Soeur Marie-Françoise .

 

 

Fondatrice

 

En 1886, le Père Kozminski, faisant confiance à Sr Marie-Françoise, fait d’elle l’inspectrice des diverses congrégations fondées par lui et l’envoie à Plock.

C’est là qu’elle fonda, elle-même, une nouvelle congrégation ayant la 2° règle de St François, congrégation plus axée sur la contemplation tout en ayant une activé d’ornements liturgiques, de tissage et même de fabrication de bas de soie. Ces activités firent connaitre les sœurs même à l’étranger tout en leur servant de couverture face aux autorités tsaristes.

Cette congrégation, reconnue par l’évêque de Plock en 1887, deviendra celle des sœurs mariavites de l’adoration perpétuelle et réparatrice. 

 

Ici, il semble opportun de noter quelques points qui déjà marqueront les origines et comme l’ADN du mariavitisme.

D’abord, l’importance de la règle franciscaine et de l’esprit franciscain fait de charité envers les pauvres, les malheureux mais aussi d’un esprit de louange envers la création.

Puis, la volonté d’une insertion contemplative : importance de la prière, notamment l’adoration eucharistique dans l’esprit de l’époque, c’est-à-dire avec une visée expiatrice et réparatrice des péchés commis.

Enfin, une habitude de l’organisation et un sens pratique et spirituel qui feront de Mère Marie Françoise une supérieur sûre pour ceux qui sont confiés à elle.

 

 

La fondation des Mariavites

 

C’est dans ce contexte qu’en 1893, le 2 août, que Mère Marie-Françoise va recevoir en son cœur, l’ordre explicite de Dieu de fonder une congrégation... non de religieuses (cela était déjà fait) mais de prêtres sous les noms de mariavite, pour propager la grande œuvre de la Miséricorde : « j’ai vu la justice divine, dit-elle, sur le point d’être appliquée pour punir le monde mais la miséricorde donnée également au monde comme ultime secours, l’adoration du Saint Sacrement et l’aide de Marie. Quelques minutes après, le Seigneur prit la parole :

 « Je veux que la congrégation des prêtres sous le nom de mariavites soit le moyen pour propager cette adoration ».

Nous reviendrons, dans un autre article, sur la signification de cette demande.

Sœur Marie-Françoise va confier à un prêtre ce qu’elle avait reçu, et après bien des réticences, car elle se sentait indigne d’une telle mission, elle constitua cette congrégation de prêtres qui, au départ, vivaient séparément (ou en petit groupe) avec une spiritualité commune, centrée sur l’adoration et l’imitation de la vie de Marie (mariae vitam imitantes (imitant la vie de Marie) = maria-vite) qui soutenait leur vie spirituelle et leur apostolat.

 

L’originalité tenait à ce qu’une femme en était la maitresse de vie spirituelle, point qui ne tarda pas à poser des soucis à l’ordre ecclésiastique établi... mais en même temps, il s’agit là d’un aspect essentiel dans la spiritualité mariavite car c’est avant tout dans une vie d’union intime à Dieu, un Dieu qui nous aime comme une mère.

 

 

Les difficultés

 

Mais les difficultés vinrent rapidement d’autant plus que de nombreux prêtres, souvent professeurs de séminaire, se joignaient au groupe... ce qui suscita quelques jalousies...

En 1897, Mère Marie-Françoise se voit attaquer, notamment dans l’expérience mystique qu’elle vivait.

En effet, les textes qu’elle nous a laissés (appelés « Révélations », non au sens de « caché » mais au sens de récit de sa vie spirituelle et des intuitions et motions qu’elle recevait du Seigneur) sont empreints d’une recherche de Dieu, d’un oubli de soi, d’une volonté apostolique qui s’opposent à la tiédeur d’une religion routinière ou à son conformisme : Mère Marie-Françoise vivait et incitait à vivre, dans une union intime avec le Seigneur, dans le respect de la liturgie (louange), de la vie d’oraison et une grande humilité, le tout en produisant des œuvres de charité pratiques envers le prochain.

 

En 1903, elle va à Rome avec quelques prêtres mariavites pour présenter la congrégation, ils sont bien reçus par le pape Pie X.

Mais l’année suivante, les prêtres sont transférés sur ordre de Rome.

En 1905, de retour à Rome, elle pense obtenir la reconnaissance mais le 5 aout 1906, Pie X confirma le décret de 1904 et demande la dissolution de la congrégation, sous peine d’excommunication.

Le retournement de Rome semblait inexplicable sauf à considérer qu’en 1906, l’épiscopat polonais sort de la clandestinité due à la période russe et voit d’un œil mauvais l’influence de ce groupe de prêtres menés par une femme.

Le travail récent de la commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise vieille catholique mariavite a mis en évidence que le document sur lequel se sont appuyés les membres du Saint Office pour condamner, document censé reproduire en latin les textes de Mère Marie-Françoise, avait été falsifié en omettant des passages essentiels dans lesquels notre Mère dit son humilité... Cette version tronquée donne un aspect déformé et inquiétant de Mère Marie-Françoise, ce qui explique la condamnation de Rome.

 

Au départ, Mère Marie-Françoise appelle à obéir mais devant la haine soulevée, les prêtres mariavites décidèrent de rester unis pour vivre l’idéal spirituel et demandèrent à Mère Marie-Françoise de les soutenir ; ainsi en 1906, nait l’Eglise mariavite, non d’une volonté de séparation mais d’un état de fait.

 

Il fallait tout reconstruire car les églises et les bâtiments de la congrégation avaient été récupérés par les catholiques romains ; cela fut mené avec courage.

En 1914, fut même inauguré la cathédrale de Plock avec le grand couvent des sœurs.

Mère Marie-Françoise ne cessa de guider, de soutenir les pères et les sœurs de ses conseils dans l’unique but de faire connaitre l’œuvre de la grande Miséricorde et ceci malgré les calomnies, les maladies.

Epuisée elle s’éteint en 1921 à Plock.

Son souvenir est gardé bien intact chez les Mariavites et c’est pourquoi chaque année, nous célébrons avec joie celle qui est à l’origine de notre congrégation.

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